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Séminaire
international des correspondants de guerre en mission de paix des nations unies
CAECOPAZ
-Campo mayo- Buenos aires Argentine
Le mardi 14 Avril, 15h00.
Le véhicule militaire du CAECOPAZ s´est arrêté juste
devant chez moi à l´heure indiquée dans une éxactitude
toute militaire. De là, nous devions passer prendre un journaliste d´El
diplo, une version locale du monde diplomatique. Eber Claudio Gomez, chercheur
au centre d´études stratégiques, professeur à l´école
supérieure de guerre et membre de la commission des nations unies pour
le droit international humanitaire.
Déjà 17 heures,
le centre d´entrainement du CAECOPAZ se trouve au bord de la route qui
traverse le campo Mayo et mène vers la ville de San Martin.
Nous sommes reçus par un jeune officier des para-commandos qui nous conduit
très aimablement au bureau où nous accueuille le colonel Mario
Nakagama. Là, on nous remêt le programme prévu pour le lendemain.
Entretemps, nous devions organiser un cours de géostratégie s´inscrivant
dans le cadre de la formation prévue pour des correspondants de guerre
de diverses nationalités.
A 18:00 nous rejoignons
la salle de classe. Le CAECOPAZ est un centre militaire financé par les
nations unies. Il regroupe des formations de troupes spéciales d´Argentine,
du Brésil, du Chili et de la Bolivie. Sous commandement Argentin, il
sert de lieu d´entrainement pour des unités de combat destinées
à des missions de maintien de la paix. A son actif, il compte déjà
plusieurs interventions dont celle au Rwanda, au Golan où les troupes
Argentines sont présentes depuis plusieurs années ainsi qu'en
Irak, en Bosnie et plus recemment au Kosovo où il controle encore une
zone conjointement avec les forces Americaines affectées à l'O.T.A.N.
Pour l'heure, sa tâche principale consiste à recréer artificiellement
les conditions les plus problématiques auquelles se trouvent généralement
confrontés des correspondants de presse sur le terrain, dans une zone
de comflit.
Le séminaire auquel nous devions assister, a réuni un parterre
de journalistes de diverses origines. Là, se cotoyaient des Argentins
avec leurs homologues Colombiens, Chiliens, Uruguayens, Espagnols, Français,
Américains et d´autres nationalités également. Nous
avions tout de suite noté la presence de quelques notoriétés
de la presse internationale. Nous sommes alors introduits et présentés
par la co-directrice du programme: Karen Fabiana Marón, une Journaliste
Argentine d´origine Libanaise.
Eber a pris la parole le premier. Il devait discourir sur les foyers de conflits
à travers le monde et leurs causes probables comme la génèse
des guerres civiles en Afrique et ses causes profondes largement recensées
dans le processus même portant sur l'organisation et la gestion des états
autour des nations et des éthnies. Cependant, un pays a été
retenu comme zone possible et potentielle d´intervention des forces internationales
conjointes des nations unies affectées au maintien de la paix: l´Algérie!
Allez savoir pourquoi! Et c´est justement là que je devais intervenir.
Je commençais par une description du champ politique Algerien et son
évolution depuis l´ère coloniale ainsi que le niveau de
perception face à la modernité par les paysans Algériens
et leur réaction vis à vis de la mission civilisatrice de la France
en Algerie dans un premier temps, puis l'expérience socialiste post-indépendante
du parti unique culturellement ressenties comme une agression et qui ont conduit
les Algériens vers une adhésion en masse en faveur des thèses
religieuses perçues naturellement et en l'occurence en milieu paysan,
comme la seule alternative idéologique crédible, d'où le
vote sanction contre le F.L.N. Et enfin, j´arrivais à l´interruption
du processus électoral, la repression qui s´en était suivi,
les camps de concentration du sud, Ain m´guel, Berrouaghia, Serkadji,
l´évasion de Lambèse, la création des G.I.A par les
services spéciaux dépendant de l´état major de l´armée,
Bravo 555 et les massacres de civils en passant par les grands changements annoncés
par Zeroual à propos de la repression qui allait suivre. La gorge nouée,
j´évoquai les nuits passées dehors à guetter les
escadrons de la mort du D.R.S. et leur incursion au quartier d´El-Idrissi
en face de chez moi pour faire diversion la nuit même du Massacre de Beni-Messous.
Si pour les journalistes occidentaux mon intervention a eu un effet certain,
en ce sens qu´elle ne faisait, somme toute, qu´étayer la
thèse naguère développée par Habib Souaidia dans
son ouvrage La sale guerre, par contre leurs confrères latino-Américains
et en l´occurence Colombiens, Chiliens et Argentins, m´ont affiché
une mine désabusée en m´affirmant que le contraire les aurait
étonnés tant ils connaissaient le scénario pour l´avoir
déjà éprouvé sur le terrain sous les dictatures
de Pinochet, Videla et autres tiraillons de même éspèce.
Cependant tous, ont été unanimes à faire le parallèle
en établissant une analogie des faits entre les massacres des villages
Andins au Pérou imputés par la suite à une nébuleuse
de groupes armés Marxistes avec ceux qui secouent l´Algérie
depuis voilà dix ans déjà, où le pouvoir s´entête
à ne considérer que des groupes armés comme le G.S.P.C.
et les G.I.A. et ce, pour ne pas reconnaitre l´existence d´une guerilla
du d´essence populaire. Tous ont reconnu l´analogie entre les schémas
quant aux situations respectives, qu´il s´agisse de la Colombie,
du Guatémala, du Méxique aux Chiapas et de l´Algérie,
à savoir: une armée régulière complètement
dépassée sur le terrain par une guérilla relativement bien
ancrée au sein de la population civile, bien appuyée par cette
denière dans laquelle elle se meut comme un poisson dans l´eau
d´une part, et les expéditions punitives de représailles
sanglantes contre ces mêmes populations civiles par des milices armées
par le pouvoir conjuguées avec celles des escadrons de la mort armés
par les services spéciaux dépendant directement des états
majors centraux des armées.
Le soir, au mess du CAECOPAZ,
la discution autour des tables était principalement centrée sur
le droit d´ingérence humanitaire et plus particulièrement
sur l´urgence d´édicter des lois internationales quant à
l´exercice non seulement du pouvoir mais jusqu´à l´administration
de la chose politique. Il n´est plus question aujourd´hui de laisser
n´importe qui faire n´importe quoi et de disposer par là
même, du droit absolu de massacrer des civils en toute impunité.
Iskander DEBBACHE.
Buenos aires le 7 Mai 2001
algeria-watch
en francais
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