ALGERIE

Conférence-Débat

vendredi 15 juin 2001 à 19 h

Refusant d'opérer les changements profonds tant attendus par la société et ne devant son maintien que par le recours systématique à la fraude électorale, à la corruption et à l'instrumentalisation du terrorisme à des fins de conditionnement de la société, le régime politique algérien a entraîné dangereusement le pays dans une crise extrêmement violente faisant près de 200 000 morts.

C'est ainsi qu'après un peu plus d'un mois du déclenchement de la révolte de la jeunesse en Kabylie, le pouvoir a fait la démonstration de son incapacité à résoudre les problèmes politiques posés par les jeunes révoltés se trouvant, par la faute d'un régime politique usé, inadapté et largement rejeté par les citoyens, dans une situation angoissante d'impasse totale et d'absence de perspectives. Les récents discours du président de la république sont encore une fois nettement en décalage avec la réalité dans la mesure où ils n'ont ni répondu aux attentes des citoyens ni rétabli la paix civile.

Tandis que la mobilisation et le mécontentement gagnent des pans entiers de la société et tendent à se répandre dans d'autres régions du pays (Alger, Boumerdes, Bordj- Bouararidj, Sétif, Oran…), le pouvoir mène une campagne médiatique visant à réduire la révolte de la jeunesse à un problème régionaliste en agitant le spectre de la sécession de la Kabylie. Menace qu'il brandit d'ailleurs chaque fois qu'il se trouve lui-même menacé dans ses fondements.

L'obstination du pouvoir à occulter la nature éminemment politique des problèmes soulevés auxquels toute la société est violemment confrontée ; aux premiers rangs de ceux-ci la corruption, l'injustice, l'impunité et la HOGRA (arrogance de l'administration) que les manifestants ont vigoureusement dénoncées et dont il est le principal responsable, le pouvoir s'engage dans une voie sans issue d'autant plus qu'il a récemment réaffirmé l'option "du tout répressif" qui a fait pourtant bien preuve de son échec depuis bien longtemps.

Afin de contribuer à mieux comprendre l'extraordinaire complexité de la crise algérienne et de témoigner des violations systématiques dont font l'objet les droits élémentaires de l'être humain, le collectif d'associations, syndicats et partis politiques qui a organisé le rassemblement du 5 mai dernier à la place Bellecour, a invité

Maître Abdenour Ali YAHIA

Président de Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme

pour animer une conférence-débat

le vendredi 15 juin 2001 à 19 h

à la salle polyvalente de la Mairie du 8e sis,
12 avenue Jean Mermoz 69008 Lyon.
(Bus 23, Tramway direction Bron)


Maître Abdenour ALI YAHIA est membre fondateur de l'UGTA en 1956 ;
Défenseur de nombreux détenus politiques appartenant à toutes les sensibilités ;
Arrêté en 1983 et libéré en mai 1984;
Arrêté le 9 juillet 1985 et condamné à 11 mois de prison par la cour de sûreté
de l'Etat pour avoir fondé la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme.

Les premiers signataires :
L'UNEF-ID ; Mouvement de la Jeunesse Socialiste (MJS) ; Urgences Démocratie Algérie (U.D.A) ; UD-CFDT ; l'association culturelle berbère AMEDYAZ ; Front des Forces Socialistes (F.F.S) ; Les Verts ; La Fédération du Parti Socialiste du Rhône; S.O.S-Racisme ; LCR ; Femmes Contre les Integrismes


 

 

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