|
|||||
|
Tirs croisés contre Bouteflika Algeria Interface, 3 mai 2002 Le point
dAlgeria Interface sur lactualité du mois davril:
La gouvernance du président Bouteflika essuie de violentes critiques,
allant jusquà un appel au « putsch militaire »,
alors que la contestation en Kabylie entre dans sa deuxième année
et que les attentats se multiplient. Les militants locaux des droits de lhomme, qui ne se soucient pas de la couleur politique du locataire de lElysée, ont été surpris quà Paris, un des trois plaignants contre le général Nezzar pour « crimes de torture », M. Abdelouahab Boukezouha, retire sa plainte. Ce retrait est lié à larrestation à Alger de son fils, estiment-ils, alors que sa famille restée à Alger semble être sérieusement « contrainte dans son expression ». Ce rebondissement survient au moment où la direction de larmée se prépare à lancer une campagne destinée à améliorer son image. Lannonce, via le quotidien El Watan, dun transfert théorique de quelques attributions du DRS (services secrets) au ministère de lIntérieur entre dans ce cadre. A contrario, cette annonce na pas convaincu les fins connaisseurs du régime. Larmée gardera un pied en politique et un retrait effectif restera à réaliser. Une armée qui na pas réagi lorsque Chérif Belkacem a ouvertement appelé à un putsch contre le président Abdelaziz Bouteflika. Cet homme qui fut un des intimes du président et qui siégea avec lui au Conseil de la Révolution sous le régime Boumediene na pas été le seul à réclamer que son mandat soit écourté. Dressant un bilan complètement négatif de ses trois premières années de gouvernance, le général en retraite Rachid Benyelles, lancien chef du gouvernement Ahmed Benbitour, lancien ministre Mohammed Nabi ont appelé à la tenue délections présidentielles anticipées. La gouvernance de M. Bouteflika a été sévèrement critiquée par lancien ministre Mourad Benachenhou. Procès en
règle contre le régime Le procès en règle du régime est également dressé par le Front des Forces Socialistes, qui a appelé à la « dissidence électorale », le 30 mai, jour des élections législatives et à une solution politique globale de la crise, passant notamment par une phase de transition démocratique. Son leader Hocine Aït Ahmed, le général Rachid Benyelles, Ahmed Taleb Ibrahimi et le défenseur des droits de lhomme Ali Yahia Abdennour ont, par ailleurs, co-signé une déclaration dans laquelle ils estiment notamment « quaucune perspective de règlement de la crise ne peut être envisagée tant que le pays ne sera pas doté dinstitutions tirant leur légitimité et leur autorité de la volonté populaire ». Le RCD tente lui de remonter la pente après sa participation au gouvernement et son soutien à la politique du président Bouteflika. Son chef, Said Sadi est parti, lui aussi, en campagne contre le régime. Contrairement au FFS qui ne fait pas de la Kabylie sa carte principale, Saïd Sadi juge que « la régionalisation est la solution politique à la crise de la Kabylie ». Il reprend une formule exposée dans un document de prospective remontant à plus dun an, attribué au général Mohamed Touati, conseiller du président, mais qui serait, selon dautres sources, le produit dune cogitation du DRS. Ce document prévoit, entre autres, une réorganisation politico-administrative de lAlgérie qui maintient intacte la nature et lorganisation du pouvoir central. Kabylie: Une seconde
année de contestation La coordination, partiellement décapitée par une série darrestations, affirme quelle poursuivra son combat jusquau bout. Les émeutes ont pratiquement cessé dans toute la région grace, estiment les autorités, aux interpellations opérées dans les milieux activistes. Les contestataires, qui nentendent pas baisser les bras vont mettre en quarantaine les candidats à la députation, lancer une opération «villes mortes» le jour du scrutin, et tenter délargir le rejet des élections en dehors de la Kabylie. À côté de cette contestation, des conflits sociaux et de violentes émeutes, la violence terroriste na pas cessé. Il y a eu des attentats à la bombe à Alger, des massacres dans les régions de Chlef et Tiaret alors que 21 soldats ont péri dans une embuscade dans la région de Saïda. Dans les montagnes à cheval sur les régions de Tizi-Ouzou et Boumerdès, à lest dAlger, le général Said Bey mène depuis la mi-avril une grande opération dans un périmètre supposé abriter Hassan Hattab et ses groupes du GSPC. Face à ces événements, le FLN, le RND, les islamistes du MSP, dEnnahda et du MRN, ainsi que les trotskistes du PT et une kyrielle de petites formations sans base sociale sont alignés pour les législatives du 30 mai. Elles auront bien lieu, a réaffirmé le chef du gouvernement et du FLN, Ali Benflis, soutenu par le président Bouteflika et les principaux décideurs militaires. Un sondage confidentiel réalisé par les renseignements généraux, début avril, ferait état dun taux de participation inférieur à 20%. Dans le sérail, on sattend tout de même à ce que le FLN rafle près de la moitié des sièges de la chambre basse, suivi du RND, des islamistes, du PT et de quelques indépendants.
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||