Appel d'intellectuels pour faire pression sur le pouvoir algérien

Par M'hammedi Bouzina, El Watan,15 mai 2001

Des intellectuels européens sont montés au créneau pour dénoncer le pouvoir algérien.
Le quotidien de langue française belge Le Soir de Belgique a publié dans son édition du 14 mai un appel signé par une trentaine de personnalités de huit pays de l'Union européenne, demandant aux gouvernements de l'UE de, première-ment, "conditionner l'approbation de l'accord d'association entre l'UE et l'Algérie, lequel serait imminent, au respect des droits de l'homme et à l'établissement de l'Etat de droit par l'Etat algérien et ses forces de sécurité, à la sanction, selon les normes du droit international, des violations dont celles-ci et les groupes armés islamistes se sont rendus responsables : cela implique, notamment, que l'Algérie accepte enfin les enquêtes des rapporteurs spéciaux des Nations unies sur la torture et les disparitions." Deuxièmement, l'UE doit "intervenir auprès de l'ONU pour obtenir la mise en place d'un tribunal pénal international ad-hoc afin de ju-ger les responsables, quels qu'ils soient, de crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Algérie". Il faut dire que parmi les premiers signataires il y a des hommes politiques et élus européens (Daniel Cohn-Bendit) ; des écrivains (Pierre Bourdieu, Pierre Vidal Naquet)…, Des Belges tels Luc Carton, Baudouin Dupret, Bernard Duterne… Le texte est assez fort puisque s'appuyant sur, entre autres, des témoignages tel celui de Souadia. La sale guerre, pour déclarer " ce sont bien les quelques généraux à la tête de l'armée qui constituent le pouvoir réel en Algérie et qui sont les principaux responsables de la sale guerre". Plus loin, les signataires regrettent et "dénoncent l'attitude du gouvernement français qui a permis que le général Khaled Nezzar soit exfiltré le 25 avril dernier pour échapper aux plaintes déposées contre lui à Paris". Selon les auteurs du texte, ce sont les derniers événements de Kabylie qui ont fait déborder le vase et obli-gé les militants des droits de l'homme à se mobiliser pour "solder le compte" au pouvoir algérien. La violence du texte ne laisse aucun doute sur les signataires. Ils ont été parmi les premiers à poser la question "Qui tue qui? en Algérie". L'appel remet en question la concorde civile "ce sont eux - les quelques géné-raux - qui ont délibérément choisi de laisser impuinis les crimes des membres des GIA... ce sont eux qui ont façonné un système politique leur permettant de compter sur la connivence des présidents de la République, lesquels n'ont ja-mais condamné ni sanctionné l'emploi criminel et irresponsable des forces de l'ordre." Selon l'avis de beaucoup de spécialistes, cette campagne, assez vio-lente, contre le pouvoir en Algérie va durer dans le temps. Sachant l'imminence de la signature de l'accord d'association UE-Algérie, les signataires ont "frappé" fort. Par ailleurs, rappelons qu'ils ont adopté la même attitude à propos de la crise yougoslave pour encourager l'Otan à bombarder la Serbie de Milosévic.


 

 

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