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Après
les attaques frontales du général Nezzar
Le
silence de Bouteflika
Par
N. Sebti; Liberté, 14 juillet 2002
Les
déclarations du général Khaled Nezzar, quarante-huit
heures après leur publication dans la presse, nont toujours
pas suscité la moindre réaction dEl- Mouradia, qui
continue dafficher un silence de tombe.
Il est vrai que dans
ce genre de situation pour le moins embarrassante, la précipitation
nest pas bonne conseillère. Cependant, les accusations brandies
par lex-ministre de la Défense nationale, et de manière
aussi cinglante, outre leur gravité, placent le président
de la République dans la position dun mis en cause sommé
de sexpliquer devant lopinion. Un mutisme prolongé,
dans létat de confusion générale actuelle,
ne fera que corser un peu plus le sentiment de doute à son égard.
Peut-être choisira-t-il une occasion officielle, pourquoi pas une
à létranger, comme à son habitude, pour remettre
les pendules à lheure. En attendant la réplique de
Abdelaziz Bouteflika, les spéculations et autres commentaires,
dans le landerneau politico-médiatique algérois, quant à
la finalité de la sortie de Nezzar, vont bon train. En tout état
de cause, le choix du contexte, après le procès contre Souaïdia
et dans un climat de flambée terroriste nest pas dénué
dintentions politiciennes.
En tenant à rappeler à Bouteflika quil avait traité
Hattab de monsieur et considéré linterruption
du processus électoral comme une grossesse interrompue,
lex-membre du HCE cherche visiblement à lui retourner ses
arguments et à prendre lopinion à témoin, quant
à la faillite consommée de sa démarche concordiste,
responsable de la résurgence subite de la violence dans la capitale
et sa périphérie.
Il sagit donc pour le général de mettre dabord
Bouteflika dans le box des accusés, en lépinglant
sur sa compromission avec les terroristes. Une fois laccusation
dûment établie et constatée comme un préalable,
suivra certainement la deuxième partie de ce qui a tout lair
dune action concertée. Sa finalité, comme nhésitent
pas à le soutenir les observateurs politiques, est de déclarer
hors jeu le président pour la prochaine course aux présidentielles
de 2004.
En fait, lirruption inattendue de Khaled Nezzar dans le débat
politique, mise à côté des précédentes
sorties dautres hauts responsables militaires, dont celle du général
Lamari et la source autorisée qui sétait
exprimée dans les colonnes du Soir dAlgérie, sapparentent
à un premier faux barrage sur la route de Bouteflika. Un Bouteflika
avec lequel la Grande muette, dont Nezzar reste la figure de proue, semble
être désormais en rupture de contrat. En clair, les dagues
sont désormais tirées, et la guerre entre la présidence
et linstitution militaire, plus ou moins tenue en sourdine, est
à présent ouverte. Question : Et le reste du mandat présidentiel
qui court tout de même jusquà avril 2004 ? Ce qui est
énorme au vu du contexte de crise permanente que vit lAlgérie.
Un putsch serait contre-productif pour limage extérieure
du pays, de même quil risque de nous replonger dans lincertitude
des transitions à répétitions. Par conséquent,
il sagit daccompagner le président jusquà
la fin de son mandat tout en lempêchant de faire des dégâts,
nous déclarait récemment une source .
Le tout est de savoir maintenant quelle sera lattitude de Bouteflika
par rapport à la dernière sortie de Nezzar, dabord
; puis sa stratégie pour le second mandat dans loptique duquel
il sest déjà mis.
Une chose est désormais sûre : le nouvel épisode de
la guerre de Mille ans entre la présidence et linstitution
militaire nous promet un été encore chaud.
Retour
(ANP /Présidence)
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