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ANP Ce que veut Bouteflika Kamel Amarni, Le Soir d'Algerie, 21 juillet 2002 Au moment où souvre, publiquement, le sensible dossier de la professionnalisation de larmée, inscrit dailleurs au programme du nouveau gouvernement Benflis, la présidence de la République sapprête à engager des réformes à même de lui permettre à terme un surcroît de maîtrise sur linstitution militaire. Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Bien évidemment, les réformes de la Présidence sont, essentiellement, dordre juridique. Mais aussi institutionnel. Elles sont bien entendu inspirées du rapport du comité de réforme de lEtat de Missoun Sbih. Cet ancien du MALG (ancêtre des services de renseignements) et conseiller du Président Bouteflika livre, avec parcimonie et répartis sur plusieurs chapitres distincts les éléments de la réforme concernant la défense et la sécurité nationales. Les réaménagements nécessaires à ce propos sont ainsi suggérés par le constat fait succinctement en page 47 du rapport et intitulé La sécurité et la défense du territoire. Il y est noté qu au plan de la sécurité intérieure, après avoir connu une période remarquable de stabilité jusquaux années 1980, le pays a connu les premiers signes de remise en cause de lordre public qui ont conduit aux évènements de 1988 et à la situation dramatique qua traversée le pays durant la dernière décennie. Aussi, poursuit le comité, les situations durgence et dexception qui en ont résulté ont conduit lEtat à recourir aux dispositifs juridiques et institutionnels pour préserver la sécurité des personnes et des biens et assurer le fonctionnement normal des institutions et des services publics. Un recours implicitement dénoncé, et pour cause. En dépit des nuisances au fonctionnement régulier de lEtat et des conséquences dramatiques du terrorisme, cette phase douloureuse est en voie dêtre surmontée (...). Il va sans dire que par nuisances au fonctionnement régulier de lEtat, les rédacteurs du rapport font allusion aux pouvoirs concédés à larmée en pareilles circonstances au détriment du pouvoir politique nécessairement et donc du président de la République. Une
nouvelle structure rattachée à la Présidence
Le Président,
indétronable en toute circonstance Dans le chapitre IV du rapport,
traitant de la continuité de laction de lEtat
en situation de crise (état durgence, état de siège,
état dexception, état de guerre), la part belle est
faite au Président. Faute dun dispositif approprié
de veille et de prévention, les situations de crise furent trop
souvent assumées sous lempire de lurgence et par le
biais de mécanismes, de méthodes et de moyens pas toujours
adaptés ni correctement préparés. Faisant allusion
aux proclamations précédentes de létat de siège
puis de létat durgence, le comité fait ce constat
: Bien que dans la gradation des dommages et lampleur de leurs
conséquences, ils auraient tendance à se confondre, dans
la pratique, on peut passer rapidement dune situation à une
autre, jusquà soulever en certaines circonstances, limpératif
de sécurité civile.Evoquant expressément, par
la suite, létat de siège proclamé le 4 juin
1991 et létat durgence proclamé le 2 février
1992, le comité relève des insuffisances dans le dispositif
juridique non pas à propos des mécanismes de leur proclamation
mais plus concrètement dans les conditions organisationnelles et
fonctionnelles de leur prise en charge, compte tenu de la nature de la
menace, de ses formes attentatoires à la sécurité
publique et de ses conséquences sur le fonctionnement des institutions.
Et de conclure : Aucune gradation significative entre létat
de siège et létat durgence ne permet, en effet,
de moduler le dispositif sécuritaire à mettre en place ou
de cerner la nature et la durée des moyens à utiliser.Puis
denchaîner, sans transition : Quant aux risques encourus
par les biens et les personnes lors de manifestations violentes pour des
motifs à caractère politique, le dispositif juridique en
place a dévoilé toutes ses insuffisances.Doù
dailleurs lintitulé même de la section : Un
dispositif législatif et réglementaire à parachever.
Plus concrètement, il sagit de parachever larticle
91 de la Constitution de 1996, relatif à la proclamation de létat
durgence, ainsi que de larticle 93 de la même loi fondamentale,
portant proclamation de létat dexception. Par effet
boule de neige, dautres articles de la Constitution seront concernés
par la révision. Dautant plus que le comité trouvait
quil convenait de souligner que la proclamation dune
situation de crise et lautorisation de mise en uvre des dispositions
exceptionnelles relèvent de la compétence exclusive du président
de la République. En sa qualité de chef suprême de
toutes les forces armées de la République et de responsable
de la Défense nationale, le Président veille, dans le cadre
de la loi, au fonctionnement normal des institutions ainsi quà
la sécurité des personnes et des biens. Il est assisté
dun haut conseil de sécurité. Cela signifie
que, même en situation dexception, cest le Président
qui mène le bal. |
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