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Rebondissement du débat ANP-présidence Ghozali appelle larmée à prendre le pouvoir
Par Mohamed Khellaf, Le Jeune Indépendant, 27 juillet 2002 Lancien chef de gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, est favorable à une implication directe de larmée dans la gestion du politique, le temps dune période transitoire qui permettra à la classe politique de se préparer à cette vocation. Le fondateur du Front démocratique (FD) y voit un passage nécessaire pour rompre avec la situation actuelle. «Je pense quil serait meilleur que les militaires aient le courage de prendre directement le pouvoir et, à limage des Turcs, accorder cinq à dix ans aux civils pour se préparer à cet exercice», a-t-il affirmé dans une interview publiée ce week-end par Al-Khabar Hebdo. «SAG», dont cest la première sortie de cette nature, semble déplorer une certaine confusion dans le système politique national. «Officiellement», observe-t-il, larmée est hors du champ politique depuis 1989, date à laquelle, du temps de Chadli, elle sétait retirée du FLN. Plusieurs de ses cadres dirigeants siégeaient, à lépoque, au comité central, instance suprême, entre deux congrès. Pour autant, ce retrait, médiatisé à coup de manchettes et déditos, navait pas, dans les faits, rompu complètement le cordon ombilical entre la «grande muette» et lexercice politique. «Qui a désigné Ghozali comme chef de gouvernement ?» sinterroge lancien chef de gouvernement. «Qui a nommé Belaïd Abdesselam ? Qui a ramené Boudiaf, Zeroual et le président actuel (NDLR : Bouteflika quil se garde de nommer) ?» Estimant quil nest plus possible de continuer dans cette voie «larmée ne sest pas retirée du politique et les partis nexercent pas la politique» , «SAG» pense, au contraire, quune interruption directe mais momentanée de lANP dans la gestion du politique serait de nature à changer le cours des choses. «Je considère que cela serait une évolution. Car si larmée venait à aller dans cette direction, cela signifie que nous sommes sortis du cercle du mensonge.» «Chose autrement plus importante», cela permettra, surtout, de clarifier la situation et de situer les responsabilités. «Si tu es lauteur de décisions tout en sachant, davance, que tu nen assumeras pas la responsabilité, ta position sera différente que si tu étais responsable des décisions prises», dit-il. Linterview de «SAG» intervient dans un contexte qui, pour de multiples raisons, ressemble à une précampagne avant lheure pour les présidentielles de 2004. Sur fond de regain de terrorisme et dune prolifération de lagitation sociale, des déclarations et prises de position à répétition émaillent la scène politique. Les rapports entre la présidence de la République et linstitution militaire avec lexistence de «désaccords» dominent, à nouveau, la matière journalistique et impriment, dans de larges proportions, les termes du débat politique. Sid Ahmed Ghozali ne se dit pas du tout surpris par le récent débat sur la relation présidence-états-majors (interview de la «source autorisée du MDN», sorties médiatiques du patron de lANP et déclaration de la «source proche de la présidence» à Al-Sharq Al-Awsat). «Les informations sur lexistence de divergences au sommet de lEtat nest pas quelque chose de nouveau», constate «SAG». «Parce que le Président lui-même, dès son accession au pouvoir, a commencé à manuvrer et à agir pour secouer linstitution militaire. Trois mois après son arrivée, il a commencé à accuser les généraux de lempêcher de travailler». Lancien ministre affirme reprendre, ici, les dires du chef de lEtat lui-même «sans ajouts ni surenchère». Dans une prise de
position qui nose pas dire son nom au sujet de cet antagonisme,
lex-chef de gouvernement accuse Bouteflika davoir «rompu
le contrat» avec les militaires. Ghozali soutient parce que «nous
savons quil nest pas venu au moyen de véritables élections»
et parce que «nous savons qui la nommé et porté
à cette responsabilité». «Le chef de lEtat,
a-t-il dit, est le premier qui a travaillé, en permanence, à
violer le contrat». M. K. |
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