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Larmée dresse un constat d'échec pour le président Bouteflika Menouar Zeid, Algeria Interface, 12 juillet 2002 Paris,
12 juillet 2002 - Larmée algérienne laisse désormais
entendre qu'elle ne parrainerait pas de candidat pour les élections
présidentielles de 2004. À moins de deux ans de l'expiration du mandat dAbdelaziz Bouteflika, qui a formé un gouvernement formaté pour gagner les prochaines élections locales (octobre 2002) et présidentielles, la haute hiérarchie militaire affirme donc qu'elle n'assumera pas le bilan du président. Elle estime qu'elle a gagné la guerre contre le terrorisme alors que le "pouvoir civil" n'a pas pu transformer les "succès" militaires contre les groupes armés en victoire politique contre l'intégrisme. Tout en jugeant négativement l'action du président Bouteflika (incapacité à vaincre politiquement l'intégrisme, régler la crise en Kabylie et lancer des réformes économiques), l'armée se dégage totalement de ses propres responsabilités dans la gestion d'une décennie de crise dans le pays. Mieux, elle se décerne un satisfecit quant à son propre bilan. Du coup, le procès en diffamation intenté par l'ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar, à l'ex-officier des forces spéciales Habib Souaïdia, à Paris, apparaît comme le volet extérieur d'une campagne politico-médiatique destinée aussi aux partenaires stratégiques de l'Algérie à l'étranger. Ainsi, en interrompant le processus électoral en 1992, elle n'aurait eu finalement qu'un "sursaut républicain", sauvant l'Algérie et le Maghreb du "chaos intégriste". Le "11 septembre" et le sursaut démocratique contre la menace Le Pen en France sont passés par là. Messages subliminaux Sur le plan interne, outre qu'elle leste le président Bouteflika du poids des responsabilités exclusives dans l'échec à trouver une sortie de crise, l'armée lui adresse également des messages subliminaux sous forme de mise en garde contre toute volonté de réduire son monopole sur les options inhérentes à sa modernisation et à la relève de ses principaux chefs. S'agissant justement des promotions et des mises à la retraite, le président Bouteflika, chef suprême des armées et ministre de la Défense en titre, n'a jamais eu, en fait, un réel pouvoir de proposition ou de nomination. Il validait jusqu'ici des suggestions faites par le chef d'état-major dans le respect du rapport de force et du consensus internes. Tout au plus, le chef de l'Etat pouvait "glisser" dans les listes quelques noms d'officiers à promouvoir ou à mettre à la retraite, sans que ses propres propositions n'influent de façon significative sur les équilibres au sommet de la hiérarchie militaire. Des officiers moins
politiques Qu'il soit question, in fine, du départ à la retraite des cadres issus de la guerre d'indépendance, en raison du phénomène d'âge et d'usure d'officiers sexagénaires, l'Armée entend faire triompher ses propres options. Le remplacement du chef d'état-major, du patron du DRS (services spéciaux) et du commandant des forces terrestres, choix sur lequel le président Bouteflika veut peser, - il s'opposerait à une éventuelle nomination au poste de chef d'état-major du général-major Brahim Fodil-Chérif, héritier présomptif de Mohamed Lamari - relève d'abord de la volonté du commandement militaire. Tout comme le choix d'un civil pour le poste de ministre de la Défense. À ce sujet, le "collège des décideurs" militaires marquerait une préférence nette pour le président de la commission de Défense nationale au Sénat, l'ancien secrétaire général du ministère de la Défense sous Houari Boumediene, Abdelhamid Latreche, et...le secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND), Ahmed Ouyahia.
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www.algeria-watch.org
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