LA LOI SUR LA RAHMA SERA PRESENTEE EN JUILLET A L'APN
Un texte aigre-doux

Par Fayçal Metaoui, El Watan, 22 juin 1999

La loi relative à la rahma, élargie à la prise en charge légale de la trêve de l'AIS, passera probablement à l'APN au courant de la première quinzaine du mois de juillet. Au niveau du gouvernement, le texte est déjà prêt.

Si la fin de la session de printemps est prévue pour le 2 juillet, les travaux de l'APN pourraient être prolongés d'une vingtaine de jours. Une disposition du règlement intérieur le prévoit. L'ancienne mouture, préparée en 1998, a été revue et corrigée au niveau du ministère de la Justice. Avant qu'il n'atterrisse au niveau de la commission juridique de l'APN, le projet de loi doit, théoriquement, d'abord passer par le conseil du gouvernement, puis par le conseil des ministres. Depuis l'investiture de Abdelaziz Bouteflika, le conseil des ministres ne s'est plus réuni. Si l'en on croit des sources crédibles, le nouveau texte a été expurgé de certaines expressions qui peuvent contredire son esprit ou qui peuvent prêter à équivoque. Le texte, soutient-on, a été reformulé de sorte à ce qu'il réponde aux exigences de «la couverture politique» évoquée par le chef de l'Etat à propos de la trêve de l'AIS. Dans les coulisses de l'APN, on craint l'insuffisance du temps imparti à l'examen du texte.
D'aucuns évoquent la possibilité du report du débat sur la nouvelle loi à septembre. D'autres, en revanche, notent que le texte doit être adopté avant la tenue du sommet de l'OUA, prévu à la mi-juillet à Alger. Pour ce faire, on n'hésite pas à signaler que la nouvelle loi peut être soumise à l'adoption des députés sans débats. On se réfère à une disposition du règlement intérieur qui prévoit cette situation «lorsque la nécessité se fait sentir».
La machine s'est donc mise en branle de manière à ce que le dossier de l'AIS soit clos avant la fin de l'année. Les expressions d'hostilité au projet de la réconciliation nationale de Bouteflika sont considérées dans les cercles proches des décideurs de «réactions normales». Tant que l'adhésion à l'initiative du chef de l'Etat est reconnue, on estime qu'il n'existe nul besoin de recourir à une opération référendaire. Et ce, en dépit du fait qu'un référendum est porteur de dividendes sûrs. Quant à la position du groupe de Abdelkader Hachani, elle est mise sur le compte de «la mise à l'écart» de ce dernier. Dans un communiqué daté du 20 juin, Abdelkader Hachani, Ali Djeddi, Omar Abdelkader et Kamel Guemazi exigent la libération de Ali Benhadj et de Abassi Madani. Déçu par le fait que les négociations avec l'AIS aient été dominées par le caractère militaire, le groupe de Hachani exige «une solution politique» conciliante. Implicitement, le groupe apporte son soutien à l'initiative de Bouteflika, «désormais responsable du règlement de la crise». Même si Djeddi, Guemazi, Hachani et Abdelkader préviennent qu'ils ne sont ni opposants ni partisans. «Nous n'aurons aucun différend avec ceux qui veulent du bien tant que celui-ci se concrétise sur le terrain», disent-ils. Autrement dit, le groupe choisit le juste milieu. Il veut éviter de contredire Abassi Madani, qui a appuyé le projet de Bouteflika, et cherche à ne pas désavouer Ali Benhadj. Ce dernier aurait exigé sa libération, avant de lancer un quelconque appel à l'arrêt de la violence. A noter enfin qu'un «congrès» sur la réconciliation et la paix pourrait se dérouler au milieu de l'automne. Organisé par un groupe de personnalités nationales, connues pour leurs positions favorables à la réconciliation nationale, cette rencontre viendra en appoint aux initiatives du
président de la République.

retour

 

 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org