L’accord d’association sera signé aujourd’hui à Bruxelles

Algérie-Union européenne : la nouvelle étape

L’accord n’entrera en vigueur qu’après son approbation par le Parlement européen et les 15 Parlements nationaux

Abdelkrim Ghezali, La Tribune, 19 décembre 2001

C’est aujourd’hui, en début de soirée, que l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne sera signé. Le document, qui sera paraphé cet après-midi, portant sur tous les volets de partenariat économique et des échanges commerciaux entre les Quinze et l’Algérie, couronnera un long processus de négociations, bloqué durant deux ans par une conjoncture politico-sécuritaire nationale. A ce propos, rappelons qu’au lendemain des massacres qui ont endeuillé Had Chkala (Relizane), Raïs et Bentalha (Mitidja), la Commission européenne a bloqué le processus de négociations en raison (officiellement) des accusations portées contre le pouvoir dans la responsabilité desdits massacres. C’était alors «le qui tue qui ?» qui modulait les rapports algéro-européens, tant que cette question occupait les médias et les protestations des ONG qui ont mené un forcing au sein des instances internationales pour isoler l’Algérie. La question des droits de l’Homme a été ainsi mise en avant par certains pays membres de l’UE, notamment au sein du Parlement européen. Cette campagne, orchestrée par des officines politiques, à leur tête l’Intenationale socialiste, n’a pourtant pas été menée pour faire des clauses des droits de l’Homme un préalable pour la signature d’accords d’association avec d’autres pays où ces mêmes droits sont bafoués sans scrupules, notamment en Tunisie, au Maroc et en Israël. Qu’est-ce qui a changé dans le dossier des droits de l’Homme en Algérie pour que l’Union européenne décide de donner un coup de fouet aux négociations et réaliser les rounds restant en moins de deux ans ? En fait, pas grand-chose si ce n’est le fait que la question de «qui tue qui ?» n’est plus à l’ordre du jour dans la mesure où elle fut battue en brèche par les témoignages de repentis et de terroristes arrêtés. Cependant, le dossier des droits de l’Homme, au-delà de sa pertinence sur le terrain national, a été utilisé par l’Union européenne comme moyen de pression pour obliger l’Algérie à abandonner la thèse de la spécificité de l’économie algérienne qui sous-tend un accord assez particulier, prenant en considération la mise à niveau du tissu industriel désuet. Un autre volet a été soulevé par l’Algérie dans ses négociations, à savoir la libre circulation des personnes, qui dérange énormément la stratégie de Schengen et menace la forteresse Europe. La publication du contenu de l’accord permettra de vérifier le rapport de force qui a prévalu lors des négociations. L’autre dossier que Bouteflika aura à négocier à Bruxelles est relatif aux relations Algérie-OTAN. Les deux parties avaient entamé en 2000 un dialogue politique et sécuritaire devant aboutir à un partenariat de coopération dans le domaine stratégique et militaire qui aura des implications sur l’organisation et le fonctionnement de l’ANP. Dans cette perspective, un traité sera également signé entre l’Algérie et l’OTAN, certainement par le président de la République en sa qualité de ministre de la Défense et chef des armées et Lord Robertson, secrétaire général de l’OTAN.

A. G.

 

 

 

 

 

 
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