En vue de la conclusion d’un accord d’association

L’Algérie et l’UE reprennent les négociations aujourd’hui à Bruxelles

 

Par Aniss Zineddine, La Tribune, 5 juin 2001

Après Alger, c’est aujourd’hui au tour de Bruxelles d’accueillir la nouvelle manche des négociations devant mener l’Algérie et l’Union européenne à la conclusion d’un accord d’association. Devant s’étaler sur deux journées, ce dixième round porterait, selon une information rendue publique par le bureau de l’APS à Bruxelles, sur la libre circulation des marchandises, la justice et les affaires intérieures, la prestation de services et le droit d’établissement. Bloquées au troisième round depuis 1997, les négociations entre l’Algérie et l’Union européenne, qui ont repris au mois de février dernier, ont connu ces dernières semaines un rythme soutenu. Ce constat ajouté à l’évolution globalement positive des négociations rend possible, selon les experts des deux parties, la finalisation avant la fin de l’année de l’accord d’association algéro-européen. Ainsi, tout en se félicitant des progrès réalisés lors des précédentes sessions, la partie algérienne s’est dite hier tout à fait confiante et sereine quant à la conclusion de l’accord avec l’UE avant la fin de l’année. D’autre part, dans une récente déclaration, le directeur de la région Méditerranée du Sud et Proche-Orient à l’UE, Peter Zangl, s’est montré «tout à fait satisfait» des progrès réalisés dans les pourparlers. «Tous les derniers rounds, à Alger et Bruxelles, se sont déroulés dans une atmosphère détendue et caractérisée par un travail très professionnel», a-t-il indiqué, ajoutant être «tout à fait satisfait des progrès enregistrés». Partageant le même optimisme, le chef du gouvernement algérien, Ali Benflis, a également déclaré dans une intervention devant le Parlement que «la conclusion d’un accord d’association avec l’Union européenne constitue une priorité pour son gouvernement». Du côté algérien, il est attendu que cet accord permette d’une part d’accélérer la dynamique d’adaptation de l’environnement juridique aux exigences de l’ouverture du marché national et, d’autre part, de favoriser la décantation du marché algérien qui devra, impérativement, répondre aux normes internationales pour une meilleure intégration économique. A ce sujet, Ali Benflis a insisté sur la nécessité d’élaborer «un programme législatif à l’effet d’adapter la législation algérienne par une mise à niveau par rapport au nouveau contexte, de doter le pays d’instruments plus performants de défense commerciale et de lutter contre les activités commerciales non conformes». La spécificité de l’économie algérienne étant admise par la Commission européenne, il reste bien évidemment à Algérie d’avancer sur le dossier des privatisations et de promouvoir un secteur privé fort tel que souhaité par Bruxelles pour avancer effectivement vers un soutien conséquent au processus de mise à niveau du tissu industriel algérien. Reste maintenant à savoir ce que réserveront les deux parties aux autres dossiers lourds devant être compris dans l’accord d’association, dont notamment celui se rapportant à la libre circulation des personnes. Dernier dossier à propos duquel l’UE se montre apparemment toujours aussi restrictive.

A. Z.

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