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Accord
d'association de l'Union européenne avec l'Algérie :
Les droits de l'homme ne doivent pas être sacrifiés L'Union européenne et l'Algérie s'apprêtent à parapher un accord d'association dont l'objectif est de régler la coopération économique entre les deux parties. Cet accord a été négocié dans l'opacité la plus totale alors que toutes les agences de presse annoncent que le président algérien assistera le 19 décembre, lors de sa visite officielle en Belgique, à la séance de paraphe de cet accord dont personne ne peut dire quel en est le contenu exact. C'est dire que les négociateurs européens et algériens n'ont pas permis aux journalistes et aux opinions publiques de suivre et de connaître les développements de cette négociation. Il en résulte que même les responsables politiques et les organisations démocratiques en Europe et en Algérie sont actuellement dans l'ignorance des solutions qui ont été préconisées. Les enjeux de cet accord dans le domaine économique sont pourtant d'une importance considérable pour l'Algérie et pour l'Europe. Il s'agit en effet officiellement d'organiser une coopération qui a comme prétention d'aider à résoudre des problèmes économiques de l'Algérie. Il s'agit aussi de lier ces accords, conformément au processus de Barcelone, au respect et à la protection des droits de l'homme dont on connaît les violations massives dans ce pays. La situation économique
à laquelle l'accord veut remédier est particulièrement
préoccupante. Des réformes, notamment de privatisation d'entreprises d'État, sont régulièrement annoncées mais jamais effectivement mises en uvre. Car l'État apparaît incapable de les réaliser : plusieurs projets n'ont pas eu de suite, en particulier en ce qui concerne la justice, l'éducation et l'administration, alors que ces secteurs sont sinistrés. Les tragiques inondations qui ont endeuillé récemment le pays ont montré l'incapacité de l'État à prendre en charge les problèmes de la population. En réalité, nous sommes en présence d'un système politique militarisé et pourtant bloqué par ses luttes internes et impuissant à agir. Dans le domaine des
droits de l'homme, la situation est tout aussi préoccupante. Tous les témoignages
concordent : Pourquoi les États membres et les responsables de l'Union européenne ferment-ils les yeux sur ces drames ? Est-ce parce que l'Algérie est un marché potentiel de plus de 31 millions de consommateurs pour l'économie européenne ? Est-ce parce que l'Europe a besoin de ressources énergétiques que recèle l'Algérie, en particulier du gaz que transportent les gazoducs qui traversent l'Europe ? Est-ce la peur de l'islamisme radical ou du terrorisme qui a abouti finalement à dénaturer un accord de coopération économique au détriment de la clause fondamentale du respect des droits de l'homme, pourtant inscrite dans les accords de Barcelone ? Il est vrai que la lutte contre le terrorisme est nécessaire. Mais les actions en cours ne tiennent pas compte des droits fondamentaux des citoyens. La clause dite " justice et affaires intérieures ", si elle se confirme, peut constituer une grave atteinte aux accords de Barcelone. Les associations signataires regrettent ce paraphe et demandent que le Parlement européen, ainsi que les Parlements des États de l'Union européenne n'acceptent de ratifier l'accord que si le gouvernement algérien s'engage enfin à : - accueillir les
rapporteurs spéciaux de l'ONU sur la torture, sur les exécutions
sommaires et sur les disparitions forcées, Paris, le 17 décembre 2001 Premiers signataires
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www.algeria-watch.org
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