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De
la honte à la reconnaissance
LEtat français rend hommage aux harkis Par Aït-Chaâlal Mouloud, Le Jeune Indépendant, 25 septembre 2001 Quarante ans après la fuite des harkis, larmée supplétive qui a combattu aux côtés des Français contre le Front de libération nationale durant la guerre de libération de 1954 à 1962, lEtat français rend aujourdhui un hommage solennel à ces soldats jetés, telle une marchandise encombrante, et dont les fils réclament "réparation". Désarmés puis abandonnés par larmée coloniale, au lendemain de la proclamation du cessez-le-feu, à la faveur de la signature des accords dEvian le 19 mars 1962, des dizaines de milliers de harkis avaient pris la fuite vers la France, alors que beaucoup parmi ceux qui sont restés ont subi la colère des moudjahidine et des civils qui nont pas accepté leur trahison. Il convient de rappeler que de nombreux Algériens, civils et combattants, ont été torturés et exécutés par ces soldats zélés de larmée française. Les représailles auraient fait des milliers de morts selon, des sources francaises. Annoncée le 6 février par lElysée, cette première journée dhommage national, dont la pérennité na pas encore été arrêtée, répond à une forte pression, depuis des années, de la communauté harkie, engagée dans une mobilisation, culminant ces dernières semaines par des dépôts de plaintes auprès des tribunaux. Le message du président français, Jacques Chirac, qui présidera la cérémonie dans la cour dhonneur de lHôtel national des Invalides à Paris, en présence du Premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement et chefs détat-major, est attendu avec impatience par les harkis. Lhommage national est considéré comme une "victoire", un "premier pas", mais les représentants des harkis ont déjà annoncé quils souhaitaient plus quune simple reconnaissance des souffrances vécues par quelque 220 000 engagés musulmans dans larmée française en Algérie. "Si lhommage ne contribue pas à établir la vérité, à faire reconnaître les fautes commises par lEtat français, alors ce sera un coup dépée dans leau", affirme Mohamed Haddouche, du collectif Justice pour les harkis. Les harkis avaient
été, dès leur arrivée en France, regroupés
dans des centres au sud-ouest de la France, coupés du reste du
monde interdits durant des années de quitter ces centres et ne
bénéficiant daucun droit reconnaissance. La question
des harkis a été lun des dossiers sulfureux dans les
rapports entre lAlgérie et la France. Lors de sa visite en
France, lan dernier, le président Bouteflika avait comparé
les harkis aux collaborateurs français du régime de Vichy
pendant la Seconde Guerre mondiale. Lhommage de lEtat français
ne manquera vraisemblablement pas de susciter le courroux des organisations
danciens moujahidine et des fils de martyrs de la Révolution.
A.-C. M.
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www.algeria-watch.org
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